Test
Vendredi 2 mars 2007 5 02 /03 /Mars /2007 14:25

— Bien, l’assaut va être donné dans quelques minutes. Vous êtes censé connaître le plan d’attaque mais vu que certains d’entre vous ont des capacités cérébrales douteuses, je vais vous refaire un topo.
L’homme qui venait de dire ça, notre Chef de section, était à peine plus âgé que moi. D’habitude, c’était le lieutenant Johnson qui nous passait en revue mais il s’était fait avoir lors du dernier assaut. On l’avait remplacé au pied levé par ce type. Il s’appelait Schütz et s’était un allemand de pure souche. Taille moyenne, épaules carrées, il ressemblait plus à un boxeur qu’à un officier d’Infanterie.
Il faisait des va et vient face à notre rangée de soldats, fixant chacun de nous d’un air mauvais :
— Votre section a été divisée en quatre sous-sections de cinq soldats : A, B, C et D. Lorsque j’en donnerais l’ordre, les sections A et D avanceront respectivement vers les secteurs Est et Ouest du quartier. Les sections B et C iront vers les secteurs centraux alpha et bêta. Votre but est de reprendre possession de ce quartier. Vous disposerez de deux heures pour le nettoyer de tous les Verches qui s’y trouvent.
A l’évocation du nom Verche, je fut parcourut d’un frisson. Il faut dire que j’ai horreur de ces saletés rampantes. Des vers de cinq mètres de long, pourvus d’une gueule sans crocs capable, d’engloutir un cheval avec la plus grande aisance… Le problème avec ces merdes s’était la vitesse avec laquelle elles se reproduisaient. Une reine pouvait pondre jusqu’à cinquante œufs par jour. Les Transporteuses engloutissaient alors une partie de la progéniture et la recrachait un peu partout dans le monde. C’était leur moyen de colonisation. Des études scientifiques avaient démontrées que la race des Verches se composait presque uniquement de femelles. Les mâles ne servant qu’à s’accoupler avec la reine et à la défendre.
— Et j’ai bien dit nettoyer, continua à beugler Schütz, je ne veut pas que vous rasiez la moitié du quartier avec vos grenades. Je veux que vous soyez rapide, précis et efficace. Suis je assez clair ?
Nous criâmes à l’unisson :
— Chef, oui, Chef !
Schütz se tourna et regarda la ville.
— Bon, des questions ?
Alors que je branchais et réglais les systèmes de visée de mon casque, une fille leva. Schütz fit un signe de tête et elle sortit des rangs. Il se retourna, lui faisant face :
— Oui ?
— Chef, y aura-t-il des…des Verches (elle déglutit et reprit :)…des Verches mutantes ?
Une rumeur d’angoisse commença à monter des rangs.
— SILENCE ! Non, soldat, nos sondes espionnes n’ont trouvé aucunes traces de ces saletés volantes.
Soulagement général. Au moins on aurait à se concentrer que sur une tache.
Schütz se retourna à nouveau vers la ville.
— Bon, il reste deux minutes avant l’assaut. Commencez à charger vos armes et regroupez vous par sous-section.
Je chargeais mon AP59 et cherchais mes coéquipiers du regard.
« Vous avez de la chance, avait dit le gars de l’armurerie, ce sont les tous derniers modèles d’AP59 ! ». De la chance, je savais pas mais il était vrai qu’on se sentait plus en sécurité avec les derniers modèles.
S’étaient des fusils d’assaut de classe supérieur. Ils étaient plus légers mais aussi plus précis. La nouveauté, c’était une lunette de sniper qu’on pouvait ajouter où retirer selon les situations.
Une fois chargé, mon AP59 se mit automatique en connexion avec les systèmes de visées de mon casque.
Au bout d’une minute, j’étais entièrement opérationnel et avais rejoins mon groupe. Ce dernier se composait de Max (le chef de troupe), Lily, John, Georges et moi même.
On se tenait légèrement à l’écart des autres sections. Max nous fit signe de brancher nos radios sur la fréquence du groupe.
— Bon, vos armures de combats sont opérationnelles ?
Les armures de combats avaient été inventées deux ans plutôt par des chercheurs du CDT, le Centre de Développement Technologique. Le but de ces armures étaient d’offrir un maximum de protection et de liberté de mouvement. Sans ces armures, nombreux auraient été les soldats qui auraient perdu la vie broyé par un Verche.
— C’est ok pour moi, répondis je.
Max se tourna vers le reste du groupe qui donna la même réponse.
— Soldats ! RASSEMBLEMENT !
C’était Schütz. Rapidement, nous nous mîmes en formation.
— Soldats, votre tache est importante. Le gouvernement souhaite réinvestire cette ville et il compte sur vous pour la reprendre. Mais vous vous en tenez aux ordres ! Quartiers par quartiers ! Ne jouez pas les héros. Bien, a mon commandement, section A et D partez.
Les deux groupes en question se dirigèrent vers leur objectif respectif. Schütz reprit :
— Section B, partez !
C’était à nous. Nous nous dirigeâmes rapidement en direction du secteur central du quartier, la voix de Schütz se faisant de plus en plus lointaine.

* * *


En dehors de bruit de nos pas,  c’était le silence complet.
Alors qu’on entrait dans la ville, Max nous fit un signe de la main. Il montrait quelque chose du doigt. Je m’avançais un peu et vit plusieurs reste de mues de Verches. Je branchais ma radio sur la fréquence privée :
— Max, il fait plutôt sombre…On met notre vision nocturne ou on allume les torches ?
— Mieux vaut allumer nos torches, il fait pas assez sombre pour la VN.
J’allumais donc ma torche, bientôt suivit par le reste du groupe.
La ville devait être inhabitée depuis plusieurs mois car on pouvait distinguer d’épaisses couches de poussières sur les véhicules. Max dirigea la lumière de sa torche sur la porte d’entrée d’un grand parking.
— Drake, enfonce cette porte et vérifie si la voie est libre.
Obéissant à mon supérieur, je prit mon élan et courut. Les gonds s’arrachèrent dans un fracas épouvantable. J’entrais dans la pièce. Ni voyant rien, je décidais d’éteindre ma torche et de mettre ma VN.
Ce qui était super avec la Vision Nocturne, c’étais que l’on pouvait voir, même dans le noir le plus total. Mais cela engendrait deux problèmes. Le premiers, s’était que l’on ne voyait plus qu’en noir et blanc. Le second, s’était qu’on pouvait dire adieu aux détailles. Bon quand je dis détailles, c’est des trucs du genre la texture d’un objet, des fissures…Bref, rien de bien important pour un soldat d’Infanterie.
Il y eut un léger bourdonnement et mon casque intensifia la lumière. Je balayais la pièce du regard et ce que je vis me surpris. Des dizaines d’œufs de Verches étaient amassés dans un coin, répandant leur puanteur.
— Merde, dis je, venez voir !
Max et les trois autres membres du groupes entrèrent. Je me tournais vers notre Chef de troupe et me branchais sur sa fréquence :
— Bon, qu’est-ce qu’on fait ?
J’entendis un clic et les torches de mes coéquipiers s’éteignirent. Ils étaient passés à leur tour en mode VN.
J’entendis la voix de Max sur ma fréquence :
— T’as pas entendu les ordres ? (il se rebrancha sur la fréquence général :) Allez les gars, nettoyez moi ces foutus merdes !
Le viseur holographique de mon casque se braqua sur les cibles. Presque à l’unisson, nos AP59 crachèrent une salve de balles, faisant exploser les œufs en une gerbe verte et visqueuse.
Une fois le travail finit, Max se tourna vers moi :
— Drake, tu continu en éclaireur. Les autres, on le suit.
J’obéit sans rien dire, même si je n’aimais pas trop recevoir d’ordre de sa part. De toute façon, il n’avait été nommé Chef de troupe que pour la durée de l’opération. Une fois rentrée à la base, il reprendrait ses fonctions, c’est à dire : simple soldat.
Je descendit les escaliers qui menaient à l’étage inférieur et arrivais au premier sous-sol. L’endroit était désert. Quelques carcasses de voitures jonchaient le sol. J’enclenchais les systèmes de détection de mouvements.
Soudain, j’entendis une voie grésilla dans ma radio :
— Alors ?
— Rien à signaler Max, on peut continuer la progression.
Nous continuâmes de progresser ainsi jusqu’à l’étage moins trois et toujours pas la moindre trace de Verche.
Max nous fit signe de nous arrêter. Je m’appuyais contre un mur et posais mon arme.
— Bon, jusque là, aucune attaque ennemi. Mais il nous reste encore en étage en sous-sol à vérifier. Lily, c’est toi qui va passer en éclaireur. Drake, tu fermeras la marche. Quelle heure est-il ?
— 18 h 54.
— Ok, il nous reste encore 1h30…
Soudain, j’entendis un grondement sourd, s’amplifiant peu à peu. Je reprit mon AP59 et tournais la tête en direction de mes coéquipiers. Apparemment, je n’étais pas le seul à l’entendre.
Tout à coup, à quelques mètres de John, une partie du sol s’effondra et une imposante masse noire en sortit.
— Merde, repliez vous, c’est un Verche !
Mon viseur se braqua automatiquement sur le vers. Lily ouvrit le feu, rapidement rejointe par moi et le reste de la section.
Le Verche voulut plonger sur Georges mais il fut terrassé avant même d’avoir entreprit son action. Le silence régna à nouveau dans le sous-sol, seulement perturbé par le bruit des armes que nous rechargions.
Soudain, mon détecteur de chaleur se mit à biper. Je jetais un rapide coup d’œil et m’empressais de me brancher sur la fréquence de Max :
— Max, regarde un peu ton détecteur de chaleur…
— Quoi ? Qu’est-ce qu’…(il s’interrompit et me regarda :) Merde !
— Faut partir !
— Ok (il se rebrancha sur la fréquence du groupe :) Bon allez, une bonne vingtaine de Verches arrivent de l’étage moins quatre et se dirige vers nous. John, passe moi une bombe C.
John exécuta l’ordre et donna un petit carré métallique à son supérieur.
— Drake, programme moi ça pour deux minutes. Allez, on se casse !

 

 

Par Arkantos - Publié dans : la-derniere-chance
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